Artistes invités
Chloé Saksik est une artiste plasticienne, née en 1995.
Sa pratique mêle installation et performance, en plaçant le vivant au coeur du processus artistique, à la fois comme support de réflexion et outil formel.
Formée à l’ENSCI – Les Ateliers en design textile, elle développe une attention aux textures, aux rythmes et aux transformations de la matière. Son travail associe rigueur technique, gestes vernaculaires et recherches expérimentales. Une expérience chez Deyrolle (maison de taxidermie et d’entomologie) à la naturalisation d’insectes a nourri un intérêt pour les sciences naturelles, qu’elle croise avec des récits oniriques et surréalistes.
Son protocole débute souvent par une collecte : fragments organiques, matériaux abandonnés, extraits de textes et de souvenirs, qui déclenche une composition où les éléments glanés s’entrelacent au verre, au métal et au textile. Ensemble, ils font émerger de nouveaux récits et explorent différentes formes de coexistence avec les écosystèmes. Teintées d’une solastalgie latente — celle d’un monde en transformation, de paysages affectifs qui s’effritent — les oeuvres de Chloé portent en elles la nostalgie des territoires perdus. Son travail puise dans les références fantaisistes et rurales de son enfance un univers à la fois sombre et poétique. Les éléments que Chloé convoque semblent en mutation, comme s’ils pouvaient encore bouger, ramper ou repousser. Les oeuvres fonctionnent comme des lieux d’interface, des refuges temporaires pour des formes de vie marginales et des éléments en voie de décomposition. Chaque pièce est une tentative de relier ce qui ne communique plus, de réconcilier ce qui s’ignore.
Valentine Cotte a d’abord étudié la gravure à l’école Estienne de Paris puis la céramique à la HEAR de Strasbourg. Elle expose régulièrement en Alsace et à Paris, mais aussi à l’international, en Belgique, en Suisse et en Corée du Sud. Ses œuvres ont intégré le fond de l’artothèque de Strasbourg, d’Eleven Steens à Bruxelles et du FRAC Alsace de Sélestat. Elle est lauréate du prix Icart Artistik Rezo 2024 et du prix Théophile Schuler 2025.
Ses œuvres délicates à l’encre ou en céramique s’inspirent librement de l’esthétique médiévale, convoquant un imaginaire d’avant la modernité, empreint de spiritualité, de mysticisme et de luttes collectives. Dans ses images le corps, ses blessures, ses soins et ses cicatrices, occupent une place centrale, et la mémoire des souffrances vécues côtoie celle des guérisons possibles. Les chevaleresses qu’elle imagine sont revêtues d’armures en porcelaine brisées et réparées à la feuille d’argent, ou recouvertes de cotte de mailles minutieusement assemblées. En revisitant l’iconographie martiale et virile des chevaliers traditionnels, l’artiste inverse leurs symboles et célèbre la fragilité, la résilience et le soin. L’univers de Valentine Cotte aborde de manière détournée des thèmes sensibles comme la famille, la santé mentale et l’effacement des voix minoritaires dans l’histoire de l’art, et se présente ainsi comme une réflexion sur la réparation, intime et collective, et sur la capacité à se relever.
Julien Bouaris
Valentine Cotte et Chloé Saksik s’attardent sur les matières et les différentes formes de vie. Leurs œuvres deviennent motif à penser la vulnérabilité et la persistance.
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